frog1Je suis tombée sur ce merveilleux article hier au gré de mes recherches. C'est une véritable mine d'information, en plein ce dont j'avais besoin pour me faire une idée plus cartésienne, notamment, des propriétés des huiles essentielles. Et ça me donne surtout envie de faire l'acquisition des ouvrages de M. Roulier !

L'article qui suit a été tiré du site suivant, qui a lui-même repris l'article à partir de la revue BioContact.

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Les plantes fournissent l'essentiel des composés des parfums. Concentrées sous forme d'huiles essentielles, elles décuplent leur pouvoir odoriférant. Mais il y a parfum et parfum. Guy Roulier nous donne quelques conseils pratiques.

Depuis une vingtaine d'années, les produits naturels odoriférants prennent une place de plus en plus importante dans notre vie quotidienne, s'imposant comme des éléments fondamentaux de notre plaisir, de notre bien-être et de notre santé. Leurs domaines d'utilisation sont si nombreux que nous les consommons souvent sans y prêter attention. Les huiles essentielles entrent indifféremment dans la composition des parfums les plus subtils, de nombreux aliments industrialisés, de cires, de dentifrices, de déodorants, de lessives, de poudres à récurer et autres articles de ménage…
Ce retour vers l'authentique n'est pas un effet de mode mais un changement profond des mentalités. Toute personne cohérente avec elle-même et consciente des graves dérives des temps modernes est tout naturellement à la recherche de solutions alternatives en réponse au stress et au mal-être engendrés par le rythme et la pression imposés par notre modèle de société. Cette réponse est apportée par des produits sauvages ou issus d'une agriculture biologique respectueuse de l'environnement, connus pour leurs vertus bénéfiques et dont le mode d'action est aujourd'hui parfaitement élucidé grâce au travail des chercheurs.

Qu'est-ce qu'une plante aromatique ?
Parmi les 350 000 plantes actuellement répertoriées que constitue le règne végétal, certaines sont capables de fabriquer dans des cellules spécialisées des substances odorantes. Ces composés subtils se présentent sous forme de particules huileuses volatiles et parfumées contenues, selon les plantes dans diverses parties : fleur (Rose, Jasmin, Néroli…), sommités fleuries (Sauge, Sarriette, Lavandes), feuilles (Géranium rosat, Mélisse, Melaleuca, Niaouli, Pin sylvestre), herbe entière (Citronnelle, Palmarosa), fruits (Cardamome, Anis, Cumin, Coriandre), bois (Amyris, Bois de rose, Santal, Copaïba, Cabreuva…), racine (Valériane, Vétiver), rhizome (Gingembre, Curcuma).
Ces substances aromatiques naturelles complexes couvrent la palette des odeurs et peuvent être classifiées en arômes de base : anisé, balsamique, boisé, brûlé, camphré, éthéré, floral, menthé, musqué, piquant, poivré, vanillé… Notre langage manque de mots pour définir les odeurs et parfums et nous utilisons souvent comme référence le nom de la plante que nous connaissons (odeur ou parfum de rose, de citron, d'orange…).

Quelle différence y a-t-il entre essence, huile essentielle, oléorésine et baume ?
La définition précise d'un produit est importante car de nombreuses confusions existent. L'essence naturelle est le produit pur contenu dans la plante.

Sous le vocable " huile essentielle " nous rangeons les produits naturels extraits par distillation à la vapeur d'eau des diverses parties des végétaux. Il ne s'agit donc pas d'un produit primaire. Mais attention aux étiquettes. Si le terme huile essentielle définit un produit naturel extrait à la vapeur d'eau, le terme " essence " prête à confusion. En effet vous trouvez, dans certaines boutiques, de l'essence de rose, de l'essence de néroli à des prix défiant toute concurrence. Attention, il s'agit d'ersatz ! Cela sent comme la rose mais il n'y a pas une goutte d'huile essentielle de rose dans ce composé formé d'un savant mélange de molécules de synthèse, d'hémi-synthèse ou d'huiles essentielles bon marché contenant les éléments du parfum de rose véritable dont le prix de détail dépasse actuellement celui de l'or pur.

Les essences naturelles sont obtenues par expression des zestes d'agrumes (pamplemousse, orange, mandarine, citron, lime…).

Les oléorésines (parfois appelées baumes) et les gommo-résines sont des substances qui exsudent naturellement des végétaux (Benjoin, Copaïba, Myrrhe, Oliban, Liquidambar…). Elles peuvent être distillées et donnent alors une " huile essentielle ".

L'eau florale ou hydrolat
Connu sous le nom d'eau de rose, eau de fleur d'oranger, l'hydrolat est un produit issu de la distillation, recueilli dans l'essencier. Ce produit faiblement parfumé contient les parties hydrosolubles de l'essence distillée. Il constitue un remarquable produit de soin et d'hygiène de la peau et convient particulièrement aux soins de la peau de bébé. Il existe une dizaine d'eaux florales intéressantes. Il est préférable de les utiliser en vaporisateur afin de mieux les conserver.

Du soleil au parfum des plantes : La biosynthèse aromatique
Le soleil constitue la source d'énergie de la vie terrestre. Sans l'énergie du rayonnement solaire aucune forme de vie ne pourrait exister sur terre. Les végétaux qui ont constitué le premier maillon de la chaîne vitale, il y a 3,5 milliards d'années (cyanobactéries ou algues bleues), tirent leurs ressources des éléments constitutifs de leur univers :

*      FEU (lumière-énergie du rayonnement solaire),

*      AIR (oxygène et gaz carbonique),

*      TERRE (minéraux et oligo-éléments) et

*      EAU (substances en solution).

Les composés aromatiques des plantes (essences, baumes), sont des sous-produits de la photosynthèse, élaborés dans des cellules sécrétrices spécialisées situées dans les fleurs, fruits, feuilles, écorces, bois et racines… Ces végétaux qualifiés d'"aromatiques" permettent d'obtenir deux produits : une "essence" par expression (zestes d'agrumes) ou une "huile essentielle" par distillation à la vapeur d'eau des diverses parties du végétal. D'autres procédés d'extraction existent (enfleurage, macération, CO² supercritique), intéressants pour certaines utilisations (alimentaire, parfumerie, pharmacie), permettant d'obtenir des substances impossibles à obtenir par distillation (absolus de Jasmin, Rose, Tubéreuse…).

Comment s'y reconnaître ?
Dans le but d'éviter les confusions, l'identité des plantes doit être indiquée avec précision par un binôme latin, selon une règle que l'on doit au botaniste Linné, père de la botanique moderne. Le premier nom latin, comportant une majuscule, est le nom de genre (exemple : genre Lavandula), le second détermine l'espèce précise. Exemple dans le genre Lavandula, vous aurez Lavandula latifolia (Lavande aspic), Lavandula angustifolia (Lavande vraie ou Lavande fine), Lavandula stœchas ou encore Lavandula hybrida ou Lavandula x Burnati (lavandins), lesquels présentent encore d'importantes différences selon les clones (Reydovan, Super).

Le Lavandin super ressemble à s'y méprendre à de la Lavande vraie. Je vous conseille donc d'apporter la plus grande attention au nom latin lorsque vous achetez une huile essentielle et de vous adresser à des fournisseurs compétents. Il existe en effet des Géraniums, des Sauges et des Menthes de fragrances et d'activités radicalement différentes. Les caractères et la finesse d'une huile essentielle dépendent aussi de critères géographiques ou climatiques autant que du soin apporté à la distillation (basse pression, durée, fractionnement…).

Les cinq critères de choix des huiles essentielles et plantes du bien-être
Pour votre sécurité, je vous conseille d'exiger des huiles essentielles, baumes, eaux florales, huiles végétales 100 % pures et naturelles, répondant aux 5 critères de qualité et de traçabilité suivants :

  1. Espèce botanique : il est essentiel de connaître avec précision l'espèce botanique des plantes utilisées car un même terme peut désigner des produits différents (binôme latin).

  2. Indication de la partie du végétal d'où est extraite l'huile essentielle. Exemple des rutacées : zeste, feuilles (Petitgrain bigaradier), fleurs (Néroli).

  3. Précision du chimiotype pour certaines huiles essentielles. Certaines espèces varient considérablement de composition biochimique en fonction de paramètres génétiques et bioclimatiques.

  4. Origine géographique, mode de culture. Les produits doivent être issus soit de cueillette sauvage provenant des forêts tropicales ou de zones éloignées des zones polluées, soit de culture biologique (label certifié AB ou "organic"), soit de cultures traditionnelles contrôlées, dans des zones rurales non polluées.

  5. Le mode d'extraction : les huiles essentielles sont extraites à la vapeur d'eau à faible pression (les eaux florales sont recueillies lors de la distillation des huiles essentielles) et les essences de zestes sont extraites par pression (Citron, Orange, Mandarine, Lime, Cédrat…).

Du bon usage des huiles essentielles et baumes
L'utilisation d'un produit, même naturel, ne dispense pas d'en connaître le mode d'emploi et les indications. Les huiles essentielles et essences sont des produits très concentrés et nécessitent une préparation avant emploi. Le respect de certains principes de base évitera les incidents de parcours :

  • Utilisez de préférence la voie externe (massages, bains). Elle ne présente aucun inconvénient si on sait choisir des huiles essentielles douces et diluées (s'abstenir si l'on est allergique). Pas d'application chez la femme enceinte, le nourrisson et le jeune enfant sans avis médical. Il est préférable d'utiliser les baumes distillés (ex. Copaifera).

  • Ne mettez jamais d'huile essentielle, même diluée, dans les yeux ni dans les oreilles. En cas de projection dans les yeux, nettoyez avec un coton imbibé d'huile végétale (Olive, Tournesol…).

  • Choisissez bien le mode d'absorption : la voie externe (V.E.) est toujours préférable en massages, bains ou aérosols. La voie interne (V.I.) doit être employée avec prudence à faible dose (s'abstenir si l'on est allergique).

  • Respectez les doses physiologiques :
    Voie interne : diluez de préférence l'huile essentielle à 5 ou 10 % dans de l'huile végétale ou un dispersant naturel. Pas plus d'une goutte d'huile essentielle par tranche de 10 kg corporel. Pas d'usage continu.
    Voie externe : en onctions : 5 à 10 gouttes en onctions diluées à 5 ou 10 %. Bains : 25 à 50 gouttes par bain diluées de 1 à 5 % dans une base neutre.

  • Evitez d'utiliser les huiles essentielles agressives pour la peau (thym, sarriette, origan, cannelle) sans prescription justifiée et de courte durée.

  • Attention l'été aux huiles essentielles photo-sensibilisantes (Bergamote, Citron, Orange, Pamplemousse, Mandarine et autres zestes d'agrumes), qui augmentent la sensibilisation à la lumière solaire. Pas d'application avant l'exposition au soleil.

  • Stockez vos huiles essentielles à l'abri de la lumière et de la chaleur et hors de portée des enfants. Gardez votre flacon bien fermé pour éviter l'oxydation.

Respectez une bonne hygiène de vie : les huiles essentielles régulatrices et équilibrantes complètent l'action bénéfique d'un mode de vie sain et ne dispensent pas de suivre les règles de l'hygiène naturelle.

Comment agissent les huiles essentielles
Les arômes végétaux agissent sur notre organisme de plusieurs manières :

*      Directement sur notre épiderme en favorisant, par activation de la micro-circulation, la nutrition des tissus, la régénérescence cellulaire et l'élimination des déchets et toxines du métabolisme.

*      Sur notre équilibre acido-basique (assainissement du milieu intérieur).

*      Sur notre équilibre nerveux selon les huiles essentielles utilisées (yin-relaxantes, yang-tonifiantes ou yin / yang équilibrantes).

*      Sur notre énergie générale : les huiles essentielles et baumes doivent leur action énergétisante à un apport d'électrons (action relaxante), de protons (action acidifiante), ou à une captation d'électrons (action positivante).

*      Au plus profond de notre inconscient, sur notre équilibre émotionnel, par l'odorat et le cerveau limbique, la perception variant selon notre terrain biologique et culturel.

*      Cet effet sur les parties les plus intimes de notre cerveau constitue la clé de l'étonnant pouvoir qu'exercent sur nous les molécules odoriférantes des huiles essentielles : les parfums agissent, en fonction de leur composition, sur les états émotionnels et les organes qui leur correspondent (récepteurs spécifiques).

Du parfum à l'inconscient
L'odorat constitue, parmi les cinq sens, celui qui est, de loin, le moins développé chez l'homme moderne. Son rôle est pourtant fondamental dans nos rapports avec l'environnement. Dès notre naissance, avant le développement de notre vue et l'apprentissage de la reconnaissance auditive, c'est lui qui nous guide instinctivement vers le sein maternel.

Le nez constitue un instrument essentiel dans la survie de la plupart des espèces animales. La pollution, le raffinage des aliments ont amoindri chez l'homme ce sens si important pour son équilibre émotionnel. Le vocabulaire relatif à l'odorat est étonnamment pauvre par rapport à celui de l'ouïe ou de la vision, contrastant avec la richesse et la diversité des compositions de la parfumerie. A la différence des autres sens qui peuvent aisément se mesurer, l'odorat reste une fonction personnelle à chaque individu liée au vécu de chacun, à son éducation, à son environnement passé et présent.
La sensation d'une odeur combine deux éléments : l'élément qualitatif qui nous la fait immédiatement classer en agréable ou désagréable et un élément descriptif de l'odeur (concentration, identification).
La zone olfactive se situe à la partie supérieure des fosses nasales, s'étendant sur une surface de 3 cm². Les cellules sensorielles olfactives baignent en permanence dans un mucus qui tapisse la paroi nasale. Les cils récepteurs sont spécialisés dans la reconnaissance des molécules odorantes. Chaque cellule réceptrice possède 40 000 récepteurs. Le nerf olfactif est constitué de 25 millions d'axones.

Comment une odeur parvient-elle à notre cerveau ?
Lorsque nous humons un bouton de rose épanoui, les fines particules aromatiques émises par les pétales parviennent à la partie supérieure des fosses nasales et sont captées par le mucus. Les molécules aromatiques sont toutes plus ou moins hydrosolubles à doses infinitésimales et cela suffit pour stimuler les récepteurs nerveux spécialisés. Les molécules déclenchent à leur contact une réaction électrique qui se propage le long de l'axone. L'information olfactive est ensuite concentrée avant d'être transmise au bulbe olfactif. Enfin, l'odeur informatisée parvient au cortex olfactif, dont la mémoire vive reconnaît l'odeur ou intègre la nouvelle donnée. Une connexion directe avec l'hypothalamus et le système limbique explique les réactions entre les odeurs et le comportement alimentaire, sexuel, émotionnel et endocrinien (explication neuro-physiologique de l'action générale des arômes).

Une autre voie existe, rétro-nasale, qui entre en action automatiquement lorsque nous mangeons. Cette sensation olfactive associée au sens gustatif constitue la flaveur qui nous permet d'apprécier la qualité des aliments et l'habileté du chef de cuisine mais aussi un produit avarié ou douteux.

Parfums et éléments
Les connaissances modernes de la physiologie olfactive ne font que confirmer et affiner la tradition orientale qui attribuait une influence des couleurs, des saveurs, des odeurs sur le fonctionnement de nos organes. Cette conception repose sur la division en éléments de tous les êtres vivants. Les neurophysiologiques ont démontré l'influence des odeurs sur certains de nos comportements. La variabilité des résultats semble confirmer le rôle prépondérant du terrain du sujet. C'est la raison pour laquelle il semble que la systématisation des recherches ne puisse que conduire à une impasse si l'on ne tient pas compte du "terrain" des sujets. La lavande serait ainsi relaxante pour les hyperactifs et tonifiante pour les lymphatiques.

Huiles essentielles et symbolisme
Les traditions orientale et occidentale expliquent que toute chose, tout être vivant, est composé de l'assemblage d'éléments. Les orientaux considèrent que l'univers est constitué de deux forces complémentaires et antagonistes : le Yang (énergie) et le Yin (matière), la vie résultant de leur fusion selon une proportion variable. La physique moderne explique rationnellement comment l'énergie se transforme en matière et comment la matière redevient énergie. La vision orientale est complétée par la théorie des 5 éléments (Bois, Feu, Terre, Métal, Eau) réalisant un système régissant l'homme et son environnement. La tradition occidentale se limite à quatre éléments fondamentaux (Air, Feu, Eau, Terre).

Le système oriental des 5 éléments
Traditionnellement, chaque élément correspond à un organe, un viscère, une couleur, une saveur, une odeur…

*      Correspondances de l'élément Bois : organes : foie, vésicule biliaire ; couleur : vert-bleu ; saveur : acide ; odeur : menthée.

*      Correspondances de l'élément Feu : organes : cœur, intestin grêle, système nerveux végétatif ; couleur : rouge ; saveur : amère ; odeur : camphrée.

*      Correspondances de l'élément Terre : organes : rate, pancréas, estomac ; couleur : jaune : saveur : sucrée ; odeur : douce.

*      Correspondances de l'élément Métal : organes : poumons, gros intestin, saveur : piquante : odeur âcre, piquante.

*      Correspondances de l'élément Eau : organes : reins, vessie ; saveur : salée ; odeur : musquée.

Le système occidental des 4 éléments
Les éléments constitutifs de la vie (air, feu, terre, eau), sont eux-mêmes, selon la tradition, issus de la combinaison des quatre états fondamentaux de la matière : froid, chaleur, humidité, sécheresse.
Les quatre tempéraments humains de base correspondant aux éléments sont rarement purs et comportent une prédominance d'un ou deux éléments, soit complémentaires, soit opposés. Ces tempéraments sont les suivants :

Deux types yang :

*      Air : combinaison de chaleur + humidité (biotype sanguin).

*      Feu : combinaison de chaleur + sécheresse (biotype bilieux).

Deux types yin :

*      Terre : combinaison de froid + sécheresse (nerveux).

*      Eau : combinaison de froid + humidité.

L'école du nez reconnaître les arômes, parfums, fragrances
Chaque huile essentielle, chaque baume est composé d'un nombre variable de composants variant de quelques molécules caractéristiques (bouleau, gaulthérie, bois de rose), à plus de 250 pour les huiles essentielles complexes. Cet assemblage subtil, cette harmonie aromatique de notes parfumées, déterminent une carte d'identité distinguant chaque huile essentielle, mise en évidence par la chromatographie.

Certaines huiles essentielles et oléorésines se reconnaissent facilement par l'olfaction car leur composition est simple et dominée par une ou quelques molécules dominantes facilement identifiables. Voici quelques exemples :

*      Bornéol : odeur camphrée et poivrée : Romarin à camphre.

*      Chavicol méthyl-ether ou Estragole : odeur anisée et douce : Basilic, Estragon.

*      Cinéole 1,8 ou eucalyptole : odeur typique de l'Eucalyptus globulus et radiata, Melaleuca, Ravensara, donnant une note particulière au laurier et au romarin.

*      Citral : caractérise l'odeur de citron.

*      Citronnellal (rhodinal) : commun à l'Eucalyptus citriodora et à la Citronnelle, plus fort que le citral.

*      Citronnellol (rhodinol) : odeur de pétales de rose (Géranium rosat, Palmarosa, Rose centifolia).

*      Coumarine : odeur doucereuse rappelant le tabac blond (Fève Tonka, Mélilot, Aspérule odorante).

*      Décanal : odeur de zeste d'orange.

*      Géraniol : odeur florale délicate de la rose.

*      Limonène : odeur olfactive banale. Ce sont les composés minoritaires qui donnent l'odeur caractéristique : décanal (orange zeste), Néral, Géranial, Citronnellal.

*      Linalol : odeur prononcée caractéristique du Bois de rose.

*      Menthol : odeur fraîche intense, lacrymogène.

*      Menthone : odeur plus suave et âcre que le menthol.

*      Monoterpènes : odeur prenante caractéristique des sapins, pins, genévriers, cistes, cyprès…

*      Pipéritone : odeur piquante présente dans la menthe poivrée.

*      Sesquiterpènes : odeur douce et pénétrante rencontrée dans certaines épices, aromates et oléorésines (Copaïba, Elémi, Myrrhe, encens).

Quelques constituants des huiles essentielles
Comme toute substance, les huiles essentielles se caractérisent par une composition biochimique analysable.

Chaque huile essentielle, essence ou baume, est composé d'une combinaison de molécules aromatiques différentes et complémentaires, voire antagonistes, qui en déterminent les caractéristiques : parfum, couleur et surtout effets sur notre équilibre vital et nos diverses fonctions organiques.

Vous trouverez ci-dessous les principales molécules aromatiques contenues dans les huiles essentielles Ainsi, vous comprendrez que les vertus traditionnelles reconnues des plantes ne sont pas le fruit du hasard ni de simples croyances. Ces vertus s'expliquent par la synergie de leurs différents composants. Nous nous limiterons dans cet article à celles qui entrent dans le cadre de l'aromathérapie du bien-être.

Ces molécules donnent aux différentes huiles essentielles leurs notes personnelles qui font la différence pour le nez entraîné. Nous ne citerons ci-dessous que quelques exemples parmi les milliers de substances connues.

LES ALCOOLS
Fonctions : toniques, assainissants, énergétisants.

*      Citronellol : Géranium, Eucalyptus citronné.

*      Géraniol : Géranium, Palmarosa, Petitgrain bigarade, Ylang-ylang.

*      Linalol : Bois de rose, Citron, Géranium, Lavande vraie, Lavandin super, Sauge sclarée, Petitgrain.

*      Menthol : Mentha piperita.

*      Cédrol : Cyprès, Genévrier de Virginie.

*      Farnésol : Cabreuva, Citronnelle, Palmarosa, Ylang-ylang.

LES CETONES

Fonctions : assainissantes, toniques.

*      Menthone, Piperitone : Menthe poivrée.

*      Camphre : Lavande, Romarin à camphre.

LES DIONES

Fonctions : relaxantes, anti-choc, cicatrisantes.

*      Italidione : Hélichryse italienne.

LES ALDEHYDES TERPENIQUES

Fonctions : relaxantes, stimulent la microcirculation.

*      Citrals : Bergamote, Citron, Lemongrass, Petitgrain, Verveine des Indes.

*      Citronnellal : Citron, Citronnelle de Java.

LES MONOTERPENES

Fonctions : toniques généraux, assainissants atmosphériques.

*      Alpha et bêta-pinènes : Pin, Sapin.

*      Caryophyllène : Copaïba.

*      Limonène : Térébenthine, Citron, Citronnelle, Orange, Pamplemousse, Petitgrain,
Citronnelle, Palmarosa.

*      Paracymène : Térébenthine, Citron, Sauge, Origan, Thym.

*      Phellandrène : Copaïba, Ocimène : Basilic.

LES SESQUITERPENES

Fonctions : assainissants, énergétisants, antinflammatoires.

*      Bisabolène : Camomille, Citron, Pin de Sibérie.

*      Caryophyllène : Copaïba.

*      Cadinène : Genévrier.

*      Copaène : Copaifera.

LES AZULENES

Fonctions : calment les irritations de l'épiderme.

*      Guiazulène : Géranium Bourbon.

*      Chamazulène : Achillée millefeuille, Camomille matricaire.

LES ESTERS

Fonctions : relaxants, déstressants, décongestionnants, équilibrants.

*      Acétate de linalyle (Lavande vraie, Petitgrain, Ylang-ylang), de benzyle : (Ylang-ylang), de néryle (Hélichryse), de terpényle (Genévrier), de menthyle (Menthe poivrée tiges).

*      Formiate de citonnellyle : Géranium.

*      Méthylanthranylate : Mandarine.

*      Salicylate de méthyle : Bouleau jaune, Gaulthérie procumbens et fragrans.

LES ETHERS

Fonctions : relaxants, équilibrants nerveux.

*      Estragole (méthyl-chavicol) : Estragon, Basilic.

*      Eugénol méthyl-éther : Citronnelle, Laurier.

LES OXYDES

Fonctions : assainissants aériens, équilibrants.

*      Eucalyptole (1,8 cinéole) : Lavande aspic, Romarin.

Les vertus reconnues des huiles essentielles du bien-être

Les vertus des huiles essentielles et baumes et leur pouvoir régulateur sur notre organisme découlent donc logiquement de la synergie de leurs éléments constitutifs. L'effet thérapeutique, préventif et curatif, des plantes et huiles essentielles étant traité dans d'autres ouvrages (voir bibliographie), nous ne ferons ici que les citer. Notre propos se limitera ici à évoquer leurs vertus hygiéniques, cosmétiques et régulatrices sur notre équilibre vital.

Vertus relaxantes et anti-stress : L'arôme agréable de plusieurs familles de molécules aromatiques exerce sur notre système nerveux un effet relaxant qui permet de diminuer, voire d'éliminer, les effets du stress de la vie quotidienne (Hespéridées, Lamiaceae, Anonaceae…).

Vertus tonifiantes et énergisantes : Les huiles essentielles et baumes issus des végétaux aromatiques à résine (Pin, Epicéa, baume de Copaïba, Elémi, encens) sont, en règle générale, tonifiantes et énergétisantes, de par leur richesse en terpènes (monoterpènes, sesquiterpènes…). Il en est de même pour les huiles essentielles à alcool (géraniol, citronnellol du Géranium rosat, linalol du Bois de rose…), et à phénols (carvacrol de la Sarriette ou du Thym).

Vertus tonifiantes de la microcirculation : Certaines huiles essentielles (Cyprès toujours vert, Genévrier de Virginie) en massage ou en bains chauds aromatiques, favorisent la circulation au niveau des capillaires veineux et lymphatiques, optimisant l'apport des micronutriments et l'élimination des déchets métaboliques. Associées à de l'huile essentielle de mentha piperita, elles procurent de plus une sensation de détente, de bien-être et de légèreté au niveau des jambes lourdes et fatiguées (synergie circulatoire).

Vertus énergétisantes : Les huiles essentielles et baumes doivent leur action énergétisante soit à un apport d'électrons (action relaxante), soit de protons (action acidifiante), soit à une captation d'électrons (action positivante).

Vertus régénérantes : Le pouvoir régénérant des huiles essentielles est souvent couplé à une activation de la microcirculation, éliminant les déchets métaboliques et stimulant la régénération tissulaire. De même certaines huiles essentielles agissent sur l'élimination des taches de vieillesse, en synergie avec l'huile de Rosa mosqueta.

Vertus assainissantes : Certaines huiles essentielles possèdent un pouvoir de régulation sur la plupart des germes pathogènes ou saprophytes qu'elles détruisent ou dont elles limitent le développement. Ce pouvoir est commun à un grand nombre de plantes aromatiques condimentaires (ou épices), très employées dans les pays du tiers-monde où elles permettent d'assainir et de conserver les aliments carnés. Leur utilité en hygiène corporelle est donc fondamentale.

Vertu désodorisante : Certaines huiles essentielles, par action directe, modèrent la prolifération des bactéries créatrices d'odeurs désagréables tant au niveau des pieds que des aisselles et conjuguent cet effet à la diffusion de leur parfum.

Vertus médicinales : Les autres vertus, anti-infectieuses, hormon-like (hormonales), respiratoires, diurétiques, expectorantes, mucolytiques (fluidifiantes du mucus) sont utilisées en médecine et sortent du cadre de ce dossier.

Effets indésirables des huiles essentielles

Le bon usage des huiles nécessite la connaissance des effets indésirables et des précautions d'emploi.

Effet allergisant : il est dû à certaines molécules comme le cinnamaldéhyde, les hydroperoxydes de la térébenthine (formés pendant le stockage) ou à l'usage immodéré d'une huile essentielle non diluée et sur une longue durée. Si l'on est allergique, s'abstenir de toute application d'huiles essentielles contenant des terpènes.

Effet photosensibilisant : il est dû aux furano-coumarines contenues dans les essences d'agrumes. Jamais d'emploi pur ou concentré avant de s'exposer au soleil (bergamote, citron, orange, pamplemousse…) sous peine de voir apparaître des taches foncées indélébiles.

Quelques familles aromatiques

La botanique moderne a recensé, pour l'instant, plus de 350 000 espèces végétales vivant sur notre planète (espèces terrestres et marines). L'espèce regroupe des sujets présentant des ressemblances permettant leur reconnaissance. Ces espèces sont classées en familles elles-mêmes subdivisées en genres regroupant les espèces voisines.

Apiaceae (ex-Ombellifères). Cette famille compte plus de 3 000 espèces. Ce sont des herbes annuelles reconnaissables à leurs inflorescences en ombelles, à leur tige creuse et cannelée, et à leurs feuilles très découpées.

Asteraceae (ex-Composées). Avec ses 25 000 espèces, cette famille constitue la famille la plus importante des plantes à fleurs. Ce sont le plus souvent des plantes herbacées vivaces. Elles se reconnaissent par leurs inflorescences en capitules.

Burseraceae. Cette famille symbolise les parfums chauds et envoûtants des résines issues des pays désertiques de la corne de l'Afrique (encens, Myrrhe…) ou des pays tropicaux lointains (Elémi).

Fabaceae (ex-Légumineuses). Avec ses 17 000 espèces, c'est la deuxième famille des plantes à fleurs. Elle inclut l'ensemble des anciennes familles des Cesalpinaceae, Papilionaceae et Mimosaceae que l'on peut considérer comme des sous-familles. Elle est constituée d'arbres et d'herbes caractérisés par leurs fruits en gousse ou légumes (Copaïfera).

Geraniaceae. Cette famille symbolise l'Afrique du Sud, et les îles de Madagascar et la Réunion avec comme tête de file le Pelargonium graveolens (asperum ou odorantissimum) ou Géranium odorant.

Lamiaceae (ex-Labiatae). Cette famille est formée de plus de 3 000 espèces qui caractérisent les climats de type méditerranéen, constituant en

France

les plantes odorantes des garrigues de Provence : Thym, Romarin, Lavandes, Sarriette… Ces plantes herbacées à la tige quadrangulaire peuvent devenir des arbrisseaux (Romarin, Thym), leur tige devient alors ligneuse et résistante.

Lauraceae. Cette famille comprend plus de 2 500 espèces dont certaines sont aromatiques. Ses représentants les plus connus sont le Laurier noble (Laurus nobilis) dont on ceignait le front des généraux romains victorieux et le Bois de rose, bois aromatique utilisé en marqueterie puis depuis le début du siècle comme note de base de parfums classiques.

Myrtaceae : 3 000 espèces environ : genres Myrta, Eucalyptus, Melaleuca, Pimenta, Eugenia…

Pinaceae. La grande famille des Pinacées (Conifères ou résineux) comprend 7 familles et 610 espèces d'arbres à résine et à aiguilles portant des cônes : Abies, Cedrus, Cupressus, Juniperus, Larix, Picea, Pinus, Thuya.

Poaceae. Cette famille (ex-Graminées) constituée principalement d'herbes et céréales comprend plus de 9000 espèces, constituant les pampas, prairies, savanes, steppes, sans oublier les bambouseraies des jungles asiatiques.

Rutaceae. Cette famille compte plus de 700 espèces issues cultivées dans les pays chauds (Afrique, Asie, Amérique centrale et du Sud).

L'AROMA-BALNEOTHERAPIE : L'ART DU BAIN

Les bains aromatiques : associant les bienfaits de l'hydrothérapie et de l'aromathérapie, les bains aromatiques constituent une technique simple de choix pour maintenir la forme, vous détendre, récupérer après un long voyage, défatiguer vos jambes, soulager vos muscles, vertèbres et articulations. Ils peuvent être locaux ou complets.

Bains locaux ou partiels : bains de mains et de pieds, bains de siège.

Bains complets : 25 à 50 gouttes d'huile essentielle dans une base dispersante neutre non moussante.

Température du bain : l'eau chaude (37 à 42 °) est relaxante, elle réduit les douleurs et les tensions musculaires, dilate les vaisseaux capillaires. Durée de 15 à 20 mn. L'eau tiède (30 à 36°) permet de rester longtemps dans l'eau sans en être incommodé. Elle est utilisée dans un but de relaxation. Durée 30 à 45 mn. L'eau froide (10 à 25°) est stimulante et secondairement relaxante. Recommandée pour les bains locaux (siège, pieds). Durée très courte. Ne permet pas la pénétration d'huiles essentielles. Agit uniquement par la température.

Le bain alterné provoque une véritable gymnastique capillaire locale pour pieds et mains. Je conseille de l'utiliser surtout pour stimuler la circulation locale pour éliminer les toxines et épanchements locaux (œdèmes résiduels d'entorses).

Effets du bain chaud aromatique

Les bains chauds dilatent les vaisseaux capillaires, provoquant une intense circulation sanguine au niveau de la surface du corps. Cette accélération circulatoire, alliée à une augmentation de la température corporelle, provoque une élimination rapide des toxines par sudation. La température du bain doit varier en fonction de la résistance de chacun. Evitez les excès et respectez les indications ci-dessous.

Le mélange d'huiles essentielles à employer dépendra de vos besoins du moment : formule relaxante, musculaire, circulatoire, hydratante…

Ajoutez 1 à 2 mesures de produit préparation pour le bain au moment de rentrer dans l'eau. Bien mélanger.

Les bains chauds sont contre-indiqués chez les cardiaques et les personnes présentant des varices et ulcères variqueux (bains tièdes autorisés).

Technique : pour éviter le choc thermique, il est conseillé de chauffer préalablement l'eau du bain à 35-37°(utiliser un thermomètre).

Les eaux florales ou hydrolats

Ces eaux délicatement parfumées sont obtenues lors de la distillation de plantes aromatiques. La distillation n'entraîne que la partie volatile et hydrosoluble de la plante. L'eau florale n'a pas l'arôme de l'huile essentielle mais elle en conserve les vertus principales. Très douces et dépourvues de toute agressivité, elles peuvent sans restriction être utilisées pour les soins de nettoyage de l'épiderme même chez les sujets allergiques et les jeunes enfants, pour le démaquillage et le nettoyage.
Elles sont utilisées comme excipient de base dans de nombreux produits cosmétiques de qualité. Les bains d'yeux à l'eau florale de bleuet ou de rose sont particulièrement reposants et décongestionnant.

LE MASSAGE AROMATIQUE

C'est un mode d'utilisation simple, efficace et agréable. La grande diffusivité des huiles essentielles permet une pénétration rapide à travers la barrière cutanée. Cette technique facile à appliquer soi-même ou en famille allie les effets (toniques ou relaxants) du massage aux vertus des huiles essentielles. Il est conseillé de diluer les huiles essentielles (20 à 50 %) dans une huile grasse fine (huile de pépins de raisin, rose musquée.).

Les techniques d'aromassage

  1. L'onction générale se pratique la main bien à plat sur la peau en appuyant très légèrement (comme une caresse) et en suivant un rythme lent (relaxant) ou rapide (tonifiant). Plus le massage est appuyé, plus l'effet est tonifiant. En cas de douleur et d'inflammation, l'onction doit être particulièrement douce et légère.

  2. Le massage vertébral est très efficace pour de nombreux troubles nerveux. Le massage se pratique avec les pouces bien à plat de chaque côté de l'axe vertébral en effectuant un mouvement spiralé de bas en haut ou de haut en bas en insistant sur les zones dures et contracturées.

  3. Pieds et jambes : très efficace dans les troubles circulatoires veineux (varices), jambes lourdes, œdèmes. A pratiquer les jambes surélevées par rapport au cœur pour favoriser la circulation de retour. Le massage de la plante des pieds s'effectue avec la paume de la main, dans le sens orteil-talon.

  4. Plexus et chakras : c'est une variante du massage énergétique oriental qui, par la stimulation de points d'acupuncture, débloque et fait circuler l'énergie vitale dans les vaisseaux énergétiques appelés méridiens. L'adjonction d'huiles essentielles augmente considérablement l'efficacité du massage en apportant de l'énergie et en régularisant l'équilibre nerveux et émotionnel.

EAUX DE SENTEURS ET PARFUMS

Eau florale dynamisée, hydrosol. Un pour mille d'huile essentielle dans une eau de source. Laissez imprégner une semaine à l'abri de la lumière, en secouant le mélange chaque jour. Soit 25 à 30 gouttes par litre d'eau. Huiles essentielles de base conseillées : Palmarosa, Petitgrain bigarade, Néroli, Géranium rosat, Lavande vraie…

Eau de Cologne. 3 % d'huiles essentielles dans de l'alcool à 70 %. Formule type variable selon vos goûts : 97 ml d'alcool à 70 °. Ajoutez les huiles essentielles suivantes : 12 gouttes Bergamote, 2 gouttes Clou de girofle, 15 gouttes Néroli, 12 gouttes Origan, 6 gouttes Petitgrain citron et 30 gouttes Romarin.

Eau de toilette. 6 % d'huiles essentielles de votre choix dans de l'alcool à 70 %.

Parfum. D'arôme plus soutenu, il contient 20 % d'huiles essentielles dans de l'alcool à 70 %. Pour fixer le parfum des essences les plus volatiles et éviter une évaporation trop rapide, ne pas oublier d'adjoindre de l'huile essentielle de Bois de rose, Patchouli, Santal ou Vétiver.

Lotion after-shave. Mêmes proportions que l'eau de toilette. Intégrez au mélange des huiles essentielles anti-inflammatoires et cicatrisantes (Bois de rose, Camomille, Copahier, Géranium rosat, Palmarosa, Patchouli, Vétiver), 1 % de glycérine ou de l'extrait hydro-alcoolique de Gomphréna (1 à 2 %), riche en allantoïne et oligo-éléments.

Huile parfumée (pour les sujets ne tolérant pas l'alcool). 20 % d'huile essentielle de votre choix dans de l'huile fine (Noisettes, noyaux d'Abricot, Rosa rubiginosa, pépins de Raisins).

Le jeu des familles de senteurs

Rien n'est plus difficile que de classer les odeurs et fragrances par famille, tant la diversité des odeurs aromatiques est vaste. J'ai tenté une classification à titre d'exemple afin de vous montrer la complexité d'une systématisation. Comme les individus, les arômes sont uniques, aucun n'est exactement semblable à son voisin. Par ailleurs des plantes de familles différentes possèdent une odeur proche du fait de leurs composants. Cette richesse et cette complexité constituent une véritable aventure émotionnelle, sans cesse renouvelée tant pour l'aromathérapeute amateur que pour le professionnel averti pour qui chaque nouvelle huile essentielle, chaque nouvelle odeur constitue une source de plaisir intense, au même titre que pour l'amateur de peinture découvrant la toile inconnue d'un grand maître. La nature n'est-elle pas le plus grand génie de l'invention et de la beauté ?
Pour plus de facilité, les noms ont été mis en français ou en latin quand le nom français n'existe pas ou est peu connu. Cette liste limitée n'est donnée qu'à titre d'exemple.

Famille rose : Rose de Damas, Rose centifolia, Géranium rosat, Palmarosa…

Famille Bois : amyris balsamifera, Bois de rose, Bouleau jaune, Linaloe,
Cannelle, Cèdre, Cyprès, Genévrier commun, Genévrier de Virginie, Epicéa, Santal blanc…

Famille Hespéridées : Bergamote, Cédrat, Citron, Lime, Limette, Mandarine, Orange, Petitgrain bigarade, Pamplemousse, Pomelo, mais aussi Lemongrass, Litsea, Eucalyptus citronné, Mélisse, Verveine citronnée…

Famille herbes, herbes fleuries : Absinthe, Achillée, Ambrette, Basilic, Aspérule odorante, Camomille allemande, Ciste, Immortelle, Flouve (Chiendent odorant), Frangipanier, Iris, Jasmin, Lavande, Lavandin, Lis, Marjolaine, Mélilot, Muguet, Narcisse, Nard, Osmanthus, Lilas, Tubéreuse, Valériane, Violette…

Famille oléorésine-baume : Boswellia carterii (Oliban), Elémi, Myrrhe, Copaïba, Benjoin, Baume du Pérou, Baume de Tolu, Lentisque, Opoponax, Térébenthe, Styrax, Liquidambar…

Famille conifères ou résineux : Sapins (Abies alba, Abies balsamea, Abies sibirica), Cèdres, Cyprès, Genévrier, Mélèze, Pins…).

Famille tropicale : Camphrier, Muscade, Girofle, Patchouli, Santal, Vétiver, Ylang-ylang, Eucalyptus, Melaleuca viridiflora (Niaouli), Melaleuca alternifolia, Myrtus communis, Ravensara aromatica…

Famille épices et condiments : Ail, Oignon, Echalotte, Ciboule, Ciboulette, Aneth, Anis, Badiane, Angelique archangelique, Persil, Basilic, Cannelle, Caprier, Capucine du Pérou, Cardamome, Coriandre, Carvi, Cumin, Estragon, Houblon, Laurier noble, Moutarde (blanche et noire), Girofle, Gingembre, Curcuma, Safran, Citronnelle, Bay rose, Poivre, Tout-épices (Poivre de la Jamaïque ou Pimenta dioïca), Piment, Menthes, Romarin, Sarriette, Sauge, Thym, Vanille, Fève Tonka, Verveine…

Famille culinaire : Café, Céleri, Cerfeuil, chocolat, Fenouil, viande, caramel, arômes de fruits (Cerise, Mûre, Framboise, Cassis, Banane, Noix de coco…), champignon, fromage. Les arômes des produits animaux sont également dus à l'émanation de substances volatiles complexes qui, selon notre expérience, nous fait soit saliver de plaisir anticipé, soit nous signale un danger pour notre santé (odeur de brûlé, de décomposition, d'odeur anormale, de moisi ou ne figurant pas dans notre répertoire olfactif).

Trois notes pour composer votre parfum

Ce que je vous propose aujourd'hui est de tenter d'élaborer un parfum sans prétention, simple et naturel, basé sur vos goûts personnels.

Fabriquer son propre parfum nécessite de respecter un certain nombre de règles. Sans dévoiler le secret des parfumeurs, vous devez, pour composer un mélange acceptable, respecter certaines règles d'harmonie. Un parfum contient en principe des notes de têtes légères et évanescentes, souvent florales ou herbacées, perçues de prime abord, puis, dans les minutes qui suivent, apparaissent les notes de cœur épicées ou florales, plus tenaces et enfin lorsque les premières se sont évaporées subsistent les notes de fond les plus lourdes, animales et musquées.
Ce classement a été établi par systématisation des formules des parfums les plus connus : huiles essentielles, baumes distillés et absolus. Les notes animales sont citées pour mémoire mais ne sont plus utilisées, interdites et remplacées par des produits de synthèse (muscs).
Nous noterons quelques contradictions qui démontrent que la parfumerie est avant tout un Art.

Notes de tête

Ce sont les plus importantes, celles que vous sentez d'emblée à l'ouverture du flacon. Armoise arborescente, Amyris, Angélique, Anis, Basilic à linalol, Bergamote, Bois de rose, bourgeons de Cassis, Camomille romaine, Cardamome, Cédrat, Céleri, Citron, Citron vert, Coriandre (fruits), Estragon, Galbanum, Lavande vraie, Lavandin super, Lime, Limette, Litsée, Mandarine, Menthes, Muscade, Myrte, Orange (fleurs, feuilles, zestes), Pamplemousse, Paprika, Poivre, Romarin, Sarriette, Sauge sclarée, Tagète, Thym, Vanille, Verveine citronnée, Violette, Ylang-ylang…

Notes de cœur

Arrivant en seconde position, cette fragrance doit s'harmoniser avec la note de tête. Géranium de Chine, Géranium Bourbon, Gingembre, Girofle, Jasmin, Pin, Rose, Sauge officinale, Tubéreuse…

Notes de fond

Ayez la main légère avec certaines de ces huiles essentielles. Leur force et leur ténacité peuvent écraser le parfum. Benjoin, Cèdre du Liban, Copaifera, Cyprès, encens, Elémi, Fève Tonka, Genévrier de Virginie, Myrrhe, Patchouli, Santal, Vétiver. Pour mémoire : ambre gris, musc animal (remplacé par du musc synthétique).

Guy Roulier.
guy.roulier@wanadoo.fr.
naturemania.com.

LIVRES

"Les huiles essentielles pour votre santé", Guy Roulier, Ed. Dangles, 2000, 336 p. Traité pratique d'aromathérapie : propriétés et indications thérapeutiques des essences de plantes.

"Eloge de l'odorat", André Holley, Ed. Odile Jacob, 1999, 276 p. Qu'est-ce qu'une odeur, notre perception, le rôle de l'odorat, la mémoire des odeurs, les phéromones humaines. Une référence scientifique sur le monde étonnant des odeurs.

"La nature des arômes et parfums", Bernard Boullard, Ed. Estem, 1995, 224 p. Approche historique, sources naturelles des arômes, usages des essences.

"L'ABCdaire du parfum", Nicolas Martin de Barry, Maïté Turonnet, Georges Vindri, Ed. Flammarion, 1998, 120 p. Un guide historique et géographique de l'usage du parfum.

"Odeurs : l'essence d'un sens", Jacqueline Blanc-Mouchet, Ed. "Autrement", Série mutation n° 92, 1987, 216 p. Une invitation à humer les espaces de nos vies.

"L'aromathérapie", Dr Jean Valnet, Le Livre de Poche, 2001, 640 p. 10e édition revue et corrigée de celui qui a relancé la phyto-aromathérapie auprès des médecins et du grand public.